Comment améliorer son Time To Market

Le Time To Market (TTM) désigne le délai nécessaire à la mise sur le marché d’un produit depuis sa création. Pourquoi la durée de ce délai est-elle si importante ? Parce que les marchés sont de plus en plus concurrentiels et la demande évolue de plus en plus vite. Le timing dans la réussite du lancement produit sur le marché est donc l’un des enjeux les plus importants. D’où l’intérêt d’une entreprise agile qui va pouvoir répondre vite et déployer son offre rapidement sur le marché par rapport à ses concurrents. Il devient donc impératif de réduire son Time To Market. Avec quelles méthodes les participants au projet peuvent-ils s’organiser pour réduire les temps d’élaboration d’un produit et améliorer son Time To Market ?

Être cohérent

Le premier conseil est d’imaginer un produit en cohérence avec la marque. Pour être cohérents avec la marque, les collaborateurs doivent être guidés durant toutes les étapes de mise au point par la plateforme de marque. Elle donne une vision qui la distingue de ses concurrents. Cette plateforme est un outil essentiel de la stratégie de l’entreprise. De ce fait, la prise de décision est pertinente, alignée avec la marque. Les membres, les prestataires que l’on va briefer : tout le monde partage le même concept du produit. On va donc plus vite, on gagne en agilité, car on ne perd pas de temps dans l’élaboration. Car on se comprend, on avance vers un même but avec une prise de décision facilitée.

Faire avec des petits pas

Quand on partage tous ensemble la même idée, qu’elle nous inspire pour avancer dans le déroulement du projet, il est indispensable d’avancer petit à petit et de pratiquer la politique des petits pas. Un petit pas, c’est un PMV : un produit minimum viable. Plutôt que de présenter au reste de l’équipe, aux clients, le produit, le service une fois qu’il est fini, on fait un prototype très vite en quelques jours et on le présente. Si cela ne plaît pas du tout, si des feedbacks permettent d’orienter le projet, c’est toujours cela de gagner. Car on va pouvoir les intégrer dans cette phase de mise au point plutôt qu’à la fin. Cela permet de gagner un temps considérable.

De plus, fractionner un projet en plusieurs tâches permet de se concentrer sur l’essentiel de l’étape, d’avancer. Et l’équipe est très motivée, contente quand la tâche est accomplie ! Par exemple, si l’on construit un nouveau vélo : on présente une maquette avec les lignes directrices et les éléments significatifs du projet, plutôt que de présenter le vélo achevé avec toutes les déclinaisons en couleurs possibles.

Travailler en Design Thinking

Pour réduire son Time To Market, l’idéal est effectivement de travailler en étapes successives avec le Design Thinking. Cette méthode d’innovation offre une nouvelle approche de la conception de produit et de service. Le Design Thinking se développe en 5 phases succinctes : Empathie, Définition, Idéation, Prototypage et Expérimentation.

L’équipe projet se met à la place du client lors de la phase d’empathie. Ainsi, cela permet de répondre rapidement aux besoins, problèmes auxquels sont confrontés le client. En conséquence, on ne perd pas de temps avec un produit qui finalement ne pourra pas rencontrer son marché.

De cette récolte d’informations, émergent des embryons de besoins qui sont creusés, analysés et deviennent ensuite des insights marketing pertinents. Une fois que l’on a le bon secteur, le bon persona avec ses moments de vie associés à l’usage du produit prend forme.

Penser PMV !

Ensuite, la phase de prototypage est centrale dans le Design Thinking. Cependant, l’équipe ias.agora préconise de penser PMV préférablement au prototype. Le prototype concerne l’objet. Tandis que le PMV concerne l’objet et l’expérience de l’objet. Ce dernier offre donc une perspective plus complète. Le PMV possède les principales fonctionnalités, les composantes clés qui sont nécessaires à la validation de l’expérimentation avec les consos. Même s’il est simplifié, il est produit, ce n’est pas juste un croquis !

Le PMV prend vie. Il permet aux utilisateurs de vivre une expérience. Ils peuvent le manipuler, le voir. On carotte l’expérience. C’est-à-dire que le PMV intègre une partie de chaque dimension du produit/service final. Les membres prennent un peu de son esthétique, un peu de son utilisabilité, de sa faisabilité, de sa fonctionnalité… Le tout pour expérimenter rapidement toutes les différentes facettes du produit et se rendre compte très vite si un problème majeur empêchera son succès sur le marché.  

Avec l’agilité, si lors des phases de prototypage et d’expérimentation, le PMV ne marche pas, on ne se retrouve pas dans une impasse avec des mois et des mois de travail pour rien. On s’ajuste, on rectifie. Et on s’améliore en fonction des feedbacks récoltés des ressources externes. Pour le prochain PMV, on garde ce qui a marché. On améliore ce qui est un potentiel. On révise ce qui ne marche pas. Et on repart pour un nouveau PMV ! 

Développer son projet en mode agile

Une fois qu’on a détecté la bonne chose à faire (« do the right thing »), que l’on a sa grande vision, on passe alors avec les équipes, à la phase de développement idéalementen mode agile (« do it right »). Cette phase d’industrialisation va adresser les problématiques de fabrication, de conception, en moyenne et grande série. Vont alors se poser les questions en termes de coûts, de montée à l’échelle, d’ajustements techniques et parfois créatifs qu’impose la montée en production.

Afin de ne pas décrocher avec l’esprit du projet original, ‒ 80 % d’innovations capotent ou dysfonctionnent à ce moment-là ‒, il est impératif de continuer à faire une logique de petits pas à travers des sprints de 3 à 6 semaines maximum. Cela permet, non plus de valider des hypothèses créatives, mais de valider des hypothèses concernant la cible coût/qualité réalisable, délai de production raisonnable, scalabilité des projets envisageables…

Désiloter les services

Pour répondre à ces enjeux, l’une des méthodes consiste à désiloter les équipes pour réduire les temps de développement. L’idée est d’avoir une coreteam avec les experts du projet et de l’élargir à certains moments. L’équipe agrandie peut alors apporter un pic d’expertise ponctuel, mais aussi un regard, une mémoire liés à leur rôle dans l’entreprise. L’implication des collaborateurs, tout au long du chemin de la création au lancement sur le marché, crée de la motivation et de l’engagement.

Lorsque l’on rentre en phase de réalisation, si le service juridique, financier ou les ressources humaines ont été impliqués lors de la phase d’idéation par exemple, ils seront beaucoup plus enclins à se « battre » pour le produit. Cette appropriation de l’innovation par l’ensemble des membres, quelle que soit leur fonction, leur secteur, déclenche une formidable énergie et in fine une accélération des process habituels.

Pour accélérer le Time To Market, un dernier conseil est de faire des petites séries. C’est une manière d’aller plus vite. Car cela évite d’investir massivement dans une chaîne industrielle. Pendant que le produit est déjà sur le marché, on continue à améliorer le procédé industriel. L’idéal est enfin d’avoir un système de production scalable avec des coûts marginaux constants.  

En conclusion, même si pour certains, l’accélération des processus en mode agile signifie le fait de mettre des passe-droits sur des processus industriels déjà bien structurés, et cela, avec les problèmes de hiérarchie, d’autorité que cela engendre. Lorsque c’est bien appliqué, il s’agit bien au contraire d’installer un cadre très performant permettant de challenger, d’améliorer, d’adapter en continu, les procédés, bonnes pratiques, conventions établies dans l’entreprise.